Que la fête commence !

posadas Mexique
© Laurange

Les festivités de fin d'année ont officiellement commencées. Et comme le précise Volker, les fêtes, au Mexique, prennent forcément des dimensions surnaturelles. On a d'ailleurs coutume d'appeler ces fêtes de fin d'année le "marathon Lupe-Reyes", car elles débutent le 12 décembre, jour de la fête de la Vierge de Guadalupe, pour s'achever... le 6 janvier, avec la fête des rois.

Le 16 décembre commence la période des "posadas". Pendant les 9 jours qui précèdent noël, à la tombée de la nuit, familles et amis se rassemblent pour rejouer la scène où Marie et Joseph cherchent un logis à Bethléem. Ils forment alors une procession joyeuse, entonnent des chants de l’avent et des cantiques. Arrivés à la maison qui doit recevoir la posada, une partie du groupe entre, tandis que l’autre reste à l’extérieur.

Le groupe resté à l’extérieur frappe à la porte, puis demande l’hospitalité, en chantant :

En el nombre del cielo
os pido posada
pues no puede andar
mi esposa amada
(au nom du ciel
je vous demande l’hospitalité
puisque ne peut plus marcher
mon épouse bien-aimée)


De l’intérieur, l’autre groupe répond :

Aquí no es mesón
sigan adelante
yo no puedo abrir
no sea algún tunante
(ici ce n’est pas une auberge
poursuivez votre chemin
je ne peux pas vous ouvrir
si vous étiez un voyou)

Les pélerins réitèrent leur demande quatre fois, jusqu'à ce qu'enfin, la porte s’ouvre. Tout le monde pénètre alors dans la maison, et la fête commence ! On mange des buñuelos, on boit de l’atole (une boisson à base de maïs) et du ponche (à base de fruits et très souvent d’eau de vie) brûlants pour se réchauffer. On allume des feus de bengale.

On accroche la piñata, une étoile en papier mâché dont les 7 branches représentent les 7 pêchés capitaux. Chacun la frappe à tour de rôle, en chantant. En la brisant, on libère les douceurs qu’elle contient : fruits de saison, cacahuètes et bonbons.
Dans les grandes villes, et notamment à México, la posada se résume souvent à une fête entre amis, au ponche et à la piñata.

Le soir du 24 décembre, c'est la "nochebuena", le réveillon. C’est l’occasion de réunir toute la famille autour d’un consommé de crevettes, d’une dinde farcie, d'un cochon de lait ou d’un plat de morue, de romeritos (c’est un légume dont l’aspect évoque celui du romarin), d’un fruit cake (gâteau aux fruits confits, réalisé un mois avant noël, et imbibé d’alcool), d’une salade de fruits frais et de ponche.

Dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, on fête la nouvelle année. On prépare pour l'occasion du pozole (soupe à base de porc et de maïs), des tamales, des buñuelos... et, évidemment, on boit jusqu'à plus soif.

Le 6 janvier, c'est l'épiphanie. On déguste la "rosca de reyes", une brioche aux fruits confits où sont cachés une ou deux fèves. Comme en Espagne, les cadeaux ne sont en principe pas échangés avant ce jour-là. En réalité, beaucoup d’enfants reçoivent double ration de cadeaux : le 25 décembre de la part de Santa, et le 6 janvier, de la part des Rois.


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_ Laurange || 30-08-2007    Commentez


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